La Danaé de Carl Strathmann: une femme nature

STRATHMANN Karl, Dané, composition, date et provenance inconnues, Consulté sur commons.wikimedia.org, Creative Commons Attribution/Share-Alike License.

STRATHMANN Karl, Dané, composition, date et provenance inconnues, Consulté sur commons.wikimedia.org, Creative Commons Attribution/Share-Alike License.

Les sources portant sur l’artiste Carl Strathmann sont plutôt difficile d’accès. Pour vous éclairer sur l’œuvre de Strathmann Danaé, nous allons donc nous appuyer sur deux sources différentes qui vont nous apporter des informations sur le contexte de production  de l’œuvre, ainsi que ses caractéristiques picturales.

Commençons par le contexte historique au travers du livre de Robert Jensen Marketing Modernism in Fin-de-siècle Europe datant de 1994. Strathmann est un artiste qui s’insère dans le contexte de la Sécession Munichoise de la fin du XIXème siècle. L’auteur nous dit que le Symbolisme est bien représenté dans les expositions de le Sécession comme par exemple à la Künstlergenossenschaft. Selon lui, le but de ces expositions était une question de purification de l’art allemand pour en rendre le caractère principal. C’est à partir de ces expositions, que les artistes du mouvement Jugenstil de Munich présents tels que par exemple Corinth, Peter Behrens, Otto Eckmann et bien sûr Carl Strathmann qu’est créé une société élitiste d’exposition : la Freie Vereinigung. Ils cherchent à se démarquer du reste du mouvement de sécession , et aussi par manque de place dans le Pavillon de la Sécession, en tenant leurs expositions  dans un lieu différent le GlasPalast. Les artistes de la Freine Vereinigung affirmaient vouloir que leur section soit sans jury,  qu’elle exclurait la présentation de sculptures, et qu’elle devrait être internationale.

Maintenant, nous allons voir en quoi consiste la peinture de Danaé de Strathman avec un second livre en ligne sur University of California Press de Horst Uhr, intitulé Lovins Corinth. Ce livre porte en effet sur Lovins Corinth, qui comme nous l’avons dit ci-dessus est membres de la Sécession Munichoise, au même titre que Carl Strathmann. Mais son style en peinture s’inscrit sous l’influence de principes picturaux de deux de ses amis: non seulment  Otto Eckmann, mais aussi karl  Strathmann. L’auteur explique alors la peinture de Strathmann comme suit.

Il annonce immédiatement la peinture de Strathmann comme une « bizarre imagery ».  Ses compositions sont complexes. Les personnages se fondent dans un paysage naturel, voir sauvage. On remarque que les pièces d’or dans le tableau de Danaé se dissimulent dans cette espèce de forêt. Il aime s’inspirer de mythe antique. En effet, si pour le tableau que nous étudions il utilise la figure féminine de Danaé, il s’inspire également pour son œuvre Salammbô, de 1894-1894, d’une figure féminine éponyme. Elle est une séductrice carthaginoise qui a été l’objet d’un roman de de l’écrivain français Flaubert,  contemporain des deux artistes.

Nous relevons alors l’importance de la figure féminine, et du sujet des relations amoureuses chez Strathmann. En effet, la femme devient un sujet centrale dans le courant symboliste. Dans Salammbô tout comme dans Danaé, il est question d’érotisme. Car si Salammbô est embrassée par un serpent qui l’enserre; Danaé est prête à accueillir la pluie d’or dans un geste et un corps peint,  qui sont éminemment sensuels et gracieux  et qui mettent en valeur la beauté de ses formes charnelles. De plus, Strathmann  reste fidèle au contexte amoureux  du mythe car il représente en avant plan beaucoup de tulipes, symbole de l’amour. L’apport principal à l’iconographie de Danaé dans cet épisode de la pluie d’or, est son l’insertion dans un contexte naturel inédit. Ainsi, en quittant le contexte habituel de représentation du mythe, Strathmann fait passé le mythe en tant qu’histoire particulière  à l’évocation d’un symbolisme universel.

Chez Strathmann Danaé quitte  l’architecte qui l’entoure habituellement en peinture. Le peintre propose un nouveau contexte de représentation plus naturelle  pour  faire de Danaé le nouveau symbole de  beauté féminine. Une beauté qu’il dévoile dans une nudité simple et  naturelle. Mais aussi afin qu’elle devienne un symbole universel de l’harmonie amoureuse.

Rédigé par Wendy Petit.

JENSEN Robert, Marketing Modernism in Fin-de-siècle Europe, New Jersey, Princetone University Press, 1994,[En ligne] Googlebooks,(consulté le 11/04/14).
UHR Horst, Lovis Corinth, University of California Press Books, 1990,[En ligne] California Digital Library, (consulté le 11/04/14) .

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